Droits de douane Trump Groenland 2026 : réaction UE et instrument anti-coercition
J’étais dimanche sur le plateau de de franceinfo, à l’invitation de Jean-Christophe Galeazzi, aux côtés de Kethevane Gorjestani et Alexandra Novosseloff , pour évoquer l’annonce par Donald Trump de nouveaux droits de douane en réaction au refus de lui céder le Groenland. Écrire cette phrase reste assez surréaliste.
L’occasion de revenir notamment sur les moyens de réaction dont dispose l’Union européenne et sur l’instrument anticoercition européen.
J’analyse plus en détail le fonctionnement de l’instrument anticoercition, les moyens de réaction dont dispose l’Union européenne et le contexte des relations commerciales UE-USA dans cet article consacré aux droits de douane américains et à la réaction européenne.
L’instrument anticoercition : de quoi s’agit-il ?
Adopté en 2023, l’instrument anticoercition permet à l’Union européenne de réagir lorsqu’un pays tiers cherche, par des mesures économiques, à contraindre l’Union ou un État membre à adopter ou modifier une position.
Son intérêt dans le contexte des annonces américaines tient précisément à la nature du lien établi entre les droits de douane annoncés et une demande politique concernant le Groenland.
Le recours à cet instrument n’est toutefois pas automatique. Il suppose de caractériser une situation de coercition économique et s’inscrit dans une procédure européenne comportant notamment une phase d’examen et de dialogue avec le pays tiers. En dernier recours, l’Union peut adopter différentes mesures de réponse commerciale.
Quels enjeux pour les entreprises ?
Pour les entreprises européennes, l’enjeu dépasse la seule hausse des droits de douane américains. Une escalade commerciale peut affecter les conditions d’importation et d’exportation, les chaînes d’approvisionnement et l’application éventuelle de mesures européennes de rééquilibrage.
Ces évolutions nécessitent notamment d’anticiper l’incidence des mesures de politique commerciale sur les flux et de sécuriser le classement tarifaire, l’origine et la valeur en douane des marchandises.
