Après moult annonces, retours sur ces annonces et nouvelles annonces, un pas supplémentaire a été franchi le 12 mars 2025 dans la guerre commerciale engagée par les États-Unis.

Les droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium sont de nouveau au cœur des tensions commerciales. Les États-Unis appliquent des droits additionnels de 25 % au titre de la section 232, tandis que l’Union européenne prépare ses contre-mesures.

Pour les entreprises européennes, ces mesures peuvent affecter directement le coût des importations et exportations, mais aussi les contrats, les chaînes d’approvisionnement et les stratégies douanières.

Entrée en vigueur de droits de douane de 25 % aux États-Unis sur les produits en aluminium et en acier (en provenance de tous les pays du monde)

Les États-Unis ont finalement revu à la baisse le doublement annoncé des droits de douane sur l’acier et l’aluminium en provenance du Canada : ils restent à 25 %, au lieu des 50 % initialement envisagés. Mais Washington relance l’offensive sur d’autres fronts. Les mesures de la section 232, jusque-là suspendues, s’appliquent à nouveau avec des droits de douane de 25% sur les produits en aluminium et en acier en provenance de tous les pays, et donc aussi de l’Union européenne.

Quelles contre-mesures de l’Union européenne ?

Réactivation des contre-mesures suspendues

En 2018 et 2020, en réponse à la politique commerciale des USA, l’UE avait introduit des droits de douane allant de 4,4 % à 50 % sur une multitude des produits et notamment, on s’en souvient, les motos et le bourbon.

Ils ont été suspendus fin octobre 2021, jusqu’au 31 mars 2025.

La Commission européenne a confirmé qu’à partir du 1ᵉʳ avril 2025, les droits de douane supplémentaires suspendus seront de nouveau applicables.

La liste des produits concernés est disponible ici.

De nouvelles mesures commerciales européennes

La Commission européenne a par ailleurs annoncé la préparation de contre-mesures supplémentaires sur un mélange de produits industriels et agricoles américains.

D’ici à la mi-avril, après consultation des États et des parties prenantes, le processus d’adoption devrait être achevé et, sauf accord avec les USA, le texte imposant les contre-mesures devrait entrer en vigueur.

En réaction à ces annonces, Donald Trump a menacé, le jeudi 13 mars, la France et l’UE d’imposer des droits de douane de 200 % sur leurs champagnes, vins et autres alcools si les nouveaux droits sur le whisky américain ne sont pas retirés.

Canada et Mexique : quelles mesures de rétorsion ?

Le Canada a annoncé des droits de rétorsion de 25 % sur les marchandises américaines à partir du 13 mars 2025.

Le Mexique devrait prendre sa décision d’ici à début avril.

Quelles conséquences pour les entreprises européennes ?

Pour les entreprises, ces mesures appellent d’abord à identifier précisément les flux concernés et leur exposition aux droits additionnels.

Les importateurs et exportateurs doivent notamment examiner le classement tarifaire, l’origine des marchandises, leur valeur en douane et les éventuelles mesures de défense commerciale applicables.

La hausse des droits peut également avoir des conséquences contractuelles : selon les Incoterms et les stipulations du contrat, il convient de déterminer quelle partie supporte les droits supplémentaires et dans quelle mesure une évolution tarifaire peut affecter l’équilibre économique de l’opération.

Plus largement, la multiplication des mesures tarifaires et contre-mesures peut conduire les entreprises à réexaminer leurs chaînes d’approvisionnement et leurs conditions d’importation ou d’exportation.

Une question sur l’impact de droits de douane sur vos opérations ?

J’accompagne les entreprises dans l’analyse des mesures douanières applicables à leurs flux, leur impact contractuel et la sécurisation de leurs opérations internationales.

Vous pouvez me contacter ou prendre directement rendez-vous.